Lier production et consommation

26.11.2018

Au Prosumer Lab du centre BFH Stockage d’énergie, Andrea Vezzini et son équipe mènent des recherches sur la maison du futur qui interagit intelligemment avec le réseau électrique.

Bienne en 2030: sur son smartphone, Pierre découvre à la minute près quand le banc de nuages a passé sur son installation photovoltaïque et quand il peut faire tourner sa machine à laver à 100% avec sa propre production d’électricité. Ces données lui sont fournies par les bâtiments reliés au réseau électrique intelligent des environs, dont les installations solaires donnent une image précise de la production électrique attendue. Bienne en 2018: le Swiss Innovation Park, à la rue d’Aarberg, dispose d’une installation d’essai, appelée Prosumer-Lab, qui prépare le scénario d’avenir décrit ci-dessus. «Prosumer», parce qu’il simule une maison qui produit, consomme, stocke et n’utilise l’énergie qu’en cas de besoin. Un tel bâtiment existe déjà aujourd’hui.

Interface avec le monde réel

Il manque toutefois des données scientifiques utilisables répondant aux questions internes. Mais aussi les problématiques qui résultent d’une autre utilisation du réseau électrique: «Comment faire communiquer entre elles ces maisons intelligentes, garantir la sécurité de l’approvisionnement et rendre le réseau plus flexible? Quand le professeur Dr Andrea Vezzini parle de son travail au Prosumer Lab, le «Frontier Spirit » apparaît encore et encore. Le responsable du centre BFH Stockage d’énergie et son équipe effectuent depuis des années un travail de pionniers dans le domaine du contrôle optimal des flux énergétiques dans les bâtiments. Le Prosumer- Lab assume une fonction centrale. Les scientifiques étudient ainsi comment les différents composants du bâtiment fonctionnent idéalement entre eux – qu’il s’agisse d’une installation solaire et d’une machine à laver, ou d’une pompe à chaleur et d’une batterie de stockage propre à la maison. Des ordinateurs simulent les appareils d’une maison, mais aussi l’environnement – conditions atmosphériques, saisons ou tout simplement jour et nuit. L’«interface» avec le monde réel constitue un autre avantage: «Nous pouvons également connecter des onduleurs photovoltaïques, des gestionnaires d’énergie ou des batteries à cette plateforme d’essais et les tester», explique Andrea Vezzini. L’expert en énergie prédit aussi un bel avenir au stockage électrochimique comme énergie de secours dans la maison: «La batterie a pris une longueur d’avance dans la compensation jour et nuit.» L’équilibre saisonnier ne pourra toutefois être résolu que par le réseau; outre les centrales à accumulation par pompage, «Power to Gas» fait actuellement l’objet de nombreuses discussions: l’électricité renouvelable produit de l’hydrogène qui peut être converti en différentes autres sources énergétiques. «Il ne serait donc pas prudent de démanteler le réseau de gaz», déclare Andrea Vezzini. A l’avenir, l’hydrogène produit pourrait être mélangé au gaz et le réseau pourrait être utilisé pour le stockage saisonnier. L’avis du professeur sur le tournant énergétique est également clair: «Nous ne sommes pas confrontés à un problème de réseau électrique isolé, mais à des défis interdépendants dans le domaine de la mobilité, de l’électricité et de la chaleur. La vision pour atteindre la diminution de 50% de CO² visée jusqu’en 2030 doit être globale ».

Article complet | Le Journal du Jura | 23. Novembre 2018

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